Le message d’André Stern : nous abritons tous un enfant génial gardien de nos potentiels !

Cet article est le n°3/52 du Défi “ 52 idées à explorer pour aider vos 12-25 ans à trouver leur voie !”.

enfant gardien de nos potentiels

J’ai eu la chance d’assister avec mes deux filles à la conférence d’André Stern, “Nos enfants, gardiens de nos potentiels” ,organisée par l’école démocratique “l’Atelier des Possibles”. Je voulais partager avec vous les idées qui m’ont marquée et qui m’ aident chaque jour à garder le cap pour aider mes ados à exprimer leurs potentiels avec confiance.

André Stern utilise invariablement la même phrase depuis son enfance pour se présenter aux adultes :

“Je m’appelle André, je suis un garçon, j’ai 47 ans, je ne mange pas de bonbons et je ne suis jamais allé à l’école”. Surprised smile (Ah bon, c’est possible ça?!!!??)

Luthier, musicien, journaliste, compositeur et auteur de nombreux livres, André Stern nous livre avec simplicité le témoignage de cette vie épanouie en dehors de toute scolarisation. Il n’a rien à vendre, il ne veut pas nous convaincre de quoique ce soit, il n’a pas de conseils ni de méthodes à donner. Il se définit comme un “enfant que personne n’a jamais interrompu de jouer” et au final comme “un enfant banal” dans le bon sens du terme.

A travers ce vécu singulier et ses échanges avec les neurobiologistes, il a observé un certain nombre de prédispositions géniales chez l’enfant qui constituent le socle de son épanouissement. La bonne nouvelle, c’est que nous possédons tous cet équipement de base ! La mauvaise nouvelle, c’est qu’à quelques exceptions près (les grands artistes, champions ou scientifiques), nous, adultes, n’utilisons qu’une infime partie de ce précieux équipement.

Pour introduire son propos, André Stern nous rappelle qu’Il fut une époque où notre société considérait les adultes comme la version supérieure de l’enfant. Quand on naissait, on ne savait rien, on était incomplet et on n’avait surtout pas notre mot à dire. Puis, en grandissant, on apprenait la vie et on devenait un humain accompli.

Aujourd’hui, le regard a changé sur l’enfance. L’enfant qui naît est une bombe de potentiels. Il peut tout devenir et tout apprendre. Car l’enfant qui vient au monde doit pouvoir s’adapter à tous les environnements dans lesquels il peut potentiellement atterrir. A titre d’exemple, André Stern nous explique que dans les forêts d’Amazonie, les autochtones savent reconnaître 256 nuances de vert, c’est une question de survie. Malheureusement, bien souvent, l’adulte de notre monde contemporain n’est que l’ombre de ce qu’il aurait pu devenir, la version Bonsaï en quelque sorte de cet enfant en sommeilSad smile.

Mais, tout n’est pas perdu. Même si nous n’avons pas le parcours d’André Stern, nous avons le pouvoir de réveiller nos potentiels et ceux de nos enfants.Winking smile

Durant cette conférence de presque 2 heures, André Stern nous fait part des 4 supers pouvoirs qui constituent notre équipement de base pour faciliter l’expression de nos talents.

Prêt à explorer ? Suivez le guide…

Comment l’adulte peut-il se sortir du stade “Bonsaï” de son développement ?

adulte version bonsaï de l'enfantNous portons tous en nous un enfant blessé qui a été plus ou moins coupé dans ses élans naturels les premières années de son existence. André Stern raconte. Tout commence dès la naissance, avec la question pressante de l’entourage qui demande aux parents : “Alors, il fait ses nuits ? Non ? Et ben, il faut le laisser pleurer de temps en temps pour qu’il apprenne.” Alors papa et maman finissent par s’inquiéter que bébé ne dorme pas 12 h d’affilée à 2 mois comme le petit voisin. C’est le début des ennuis. Bébé sent que ses parents lui font comprendre (souvent la mort dans l’âme) : ”Nous t”aimerions davantage si tu dormais plus !”.

Et puis, au fil des années, cela continuera avec les “il faut que tu changes, que tu sois plus ceci, moins cela, etc…etc…”. L’enfant ne va plus faire confiance à son ressenti mais va choisir de faire confiance à ses parents pour arrêter de souffrir de ce conflit intérieur.  Il va alors faire tout ce qu’il peut pour se conformer aux attentes. Il va cesser d’être pour devenir ce qu’on lui demande. Puis, il va grandir et, à l’âge adulte, il se verra comme il a été vu. Cela donne les “De toute façon, j’ai toujours été nul en maths ! Je ne suis qu’un bon à rien ! etc… “.

Heureusement, il existe un remède pour guérir cet enfant blessé. Il consiste à changer d’attitude vis à vis de nos propres enfants et de ceux qui nous entourent. Il s’agit simplement d’avoir confiance en eux et de respecter leurs prédispositions naturelles à apprendre. Cela se résume en une phrase :

“Je t’aime comme tu es, sans conditions”.

André Stern est persuadé que ce changement d’attitude vis à vis de l’enfance nous aidera à nous réconcilier avec notre propre enfant intérieur, c’est à dire à nous aimer comme nous sommes et à  nous libérer de nos croyances limitantes.

Le premier super pouvoir de l’enfant : il joue, il joue à l’infini et il apprend comme ça !

André Stern nous interpelle :

“Quelle est la première chose que fait un enfant quand on le laisse tranquille ?

– C’est plus fort que lui, il joue et en oublie parfois la faim, la soif, le sommeil, la douleur.

Imaginons que nous ne l’interrompions jamais ?

– Et bien, il continuera de jouer.

Alors pourquoi nous sentons-nous obligés d’interrompre un enfant qui joue ?”

jouer la meilleure facon d apprendre

Tout simplement parce que dans nos esprits d’adulte, jouer n’est pas sérieux. Jouer, c’est une activité de loisir à caser en dernier lieu quand on a enfin un peu de temps pour se détendre. Pire encore, nous avons déconnecté le jeu (= pas sérieux) de l’apprentissage (= sérieux).

Et pourtant, notre orateur nous explique que d’un point de vue scientifique, apprendre n’existe pas et n’est pas une activité en soi. Ce que nous appelons bien souvent apprendre dans nos écoles, c’est apprendre par coeur. Mais apprendre par coeur est-il vraiment apprendre lorsque l’on sait que nous avons oublié 80 % de ce que nous avons dû mémoriser sur les bancs de l’école ?

Le cerveau n’apprendra bien que s’il est en situation de trouver une solution à un problème et si notre centre émotionnel est activé :

“Apprendre est un effet secondaire de nos jeux, de nos émotions et de nos pratiques, apprendre se vit, apprendre c’est la Vie”.

“Le jeu est la meilleure façon d’apprendre. C’est d’autant plus vrai que jouer développe toutes les qualités requises pour la vie active : respecter les règles, coopérer, négocier, anticiper, travailler en équipe, créer…”

Alors, pourquoi limiter ce super pouvoir ?

Le second super pouvoir de l’enfant : l’enthousiasme  à gogo !

enthousiasme de l'enfant
Libérons-nous de cette fausse idée qui dit que notre intelligence est prédéfinie par nos gènes et qu’elle est figée pour toute notre vie (si nos parents sont bêtes, on naît bête et on reste bête et inversement).

Une découverte récente faite par des neurobiologistes nous apprend que la zone du cerveau qui commande les pouces est beaucoup plus développée chez les jeunes de notre époque qu’il y a 40 ans…Les smartphones sont passés par là !Smile with tongue out C’est la preuve que notre cerveau se développe selon l’usage que l’on en fait, comme un muscle.

Dans notre humanité avide de performances, nous avons ainsi lancé de super programmes d’apprentissages précoces pour nos loulous : apprendre 5 langues avant 6 ans, devenir un génie des maths à 3 ans…Le résultat c’est que cette surstimulation n’a pas toujours été efficace.

En effet, notre cerveau se développe selon l’usage que nous en faisons mais aussi selon notre degré d’enthousiasme au moment où nous sommes en action. En clair, si l’activité ludo-éducative que nous proposons à nos enfants finit par devenir une corvée, son cerveau va vite zapper.

Et ça, l’enthousiasme, les enfants en ont à revendre ! André Stern affirme que les petits enfants ressentent une tempête d’enthousiasme toutes les 2 à 3 minutes. Ils s’émerveillent pour tout et ne hiérarchisent pas les choses et les personnes. Le petit bout de bois sera aussi passionnant que la télécommande et ils pourront s’extasier devant un pianiste comme devant un laveur de carreaux.

Et chez nous les adultes ? Nous avons 2 à 3 tempêtes d’enthousiasme par an.Surprised smile

Alors réveillons-nous ! L’enthousiasme est l’engrais de notre cerveau. Retrouvez la source et vous réveillerez le génie qui sommeille en vous et dans vos enfants.

Le troisième super pouvoir de l’enfant : il avance dans la vie à bras et à coeur ouvertS

Plutôt que de se poser la question “Comment éduquer mes enfants ?”, André Stern nous encourage à nous demander “Que puis je apprendre des enfants ? “.

Mettez-vous à leur niveau en toute humilité et vous découvrirez énormément avec eux ! Il nous suggère de descendre de notre piédestal d’adulte pour discuter d’égal à égal avec eux et leur montrer que nous leur ouvrons les portes de notre monde.

Pour illustrer cette attitude de respect vis à vis des enfants et des jeunes, André Stern nous raconte comment s’est déroulée sa première rencontre avec “l’homme de sa vie”. A 23 ans, il cherchait un professionnel qui pourrait lui enseigner comment il pourrait fabriquer une guitare. Après avoir essuyé plusieurs refus, il pousse la porte de l’atelier d’un maître luthier et lui explique l’objet de sa visite.

montrer nos savoirs aux enfants

L’artisan répond à sa demande avec cette phrase :

“ Je peux tout te montrer mais je ne peux rien t’apprendre “.

Peu de temps après, il confiera au jeune homme deux planchettes de bois d’épicéa de lutherie. André Stern nous rappelle que le bois de lutherie est précieux. Il est séché durant 40 ans à l’air libre et soigneusement choisi pour que les fibres ne se fendent pas. Le luthier a donc spontanément fait preuve d’une grande marque de confiance envers ce jeune homme de 23 ans qui est entré dans sa vie avec son seul enthousiasme et sa seule volonté d’apprendre.

André est par la suite devenu un maître luthier accompli qui “s’amuse” à créer des instruments adaptés à ses spectacles.

Je trouve cette rencontre magique. Elle n’est pas le fruit du hasard. D’un côté, nous avons un jeune qui se lance avec confiance et authenticité dans un projet qui lui tient à coeur. Il part en quête de ce maître luthier sans à priori ni peur d’être jugé ou rejeté, “le coeur et les bras ouverts”. De l’autre côté, nous avons un adulte,  certainement conquis par cette spontanéité et cet enthousiasme, qui prend son “rêve” au sérieux et lui donne accès à son monde.

Arrivez-vous à imaginer tout le champ des possibles qui s’ouvrirait à nous si nous changions de posture vis à vis de nos jeunes et si nous veillons à préserver chez eux cette ouverture de coeur et d’esprit ?

Le quatrième super pouvoir de l’enfant : sa propension à aller dans le vaste monde

L’enfant va vers les autres pour apprendre. Il ne peut pas grandir seul. Il a besoin des autres pour comprendre le monde qui l’entoure et s’enrichir de différents regards.

Quand le port d’attache est solide (vous vous souvenez ? “Je t’aime comme tu es”), quand il sent que c’est le moment, l’enfant peut partir  à la conquête du vaste monde. André Stern nous met en garde : “Il n’y a rien de pire que de rester à la maison avec ses enfants. Le savoir des parents n’est qu’une toute petite fenêtre sur le monde. Et attention aux peurs que nous projetons sur nos enfants ! Et il rajoute avec humour, l’école à la maison, cela peut réunir les inconvénients de l’école et de la maison si on ne s’ouvre pas sur l’extérieur ! Winking smile“ Il ne s’agit pas de mettre nos gamins dehors en les forçant à être autonomes alors qu’ils ne sont pas prêts.  Il s’agit de laisser s’exprimer ce besoin d’aller explorer à l’extérieur, avec d’autres, de nouvelles expériences qui nourriront leur soif d’apprendre.aller dans le vaste monde pour apprendre

Là encore, il se passe des choses formidables quand l’enfant se lance dans le vaste monde. André Stern nous raconte comment son fils est resté bouche bée au bord d’une route à regarder une moissonneuse batteuse arpenter un champ de blé. Le conducteur a fini par s’arrêter pour embarquer ce petit monde dans son engin et expliquer pendant plusieurs heures le rôle de chaque bouton. Le petit a bu ses paroles.

A la fin de cette visite guidée, le brave homme descend dans le champs pour montrer au garçon un grain de blé et lui explique qu’il fait ce métier là pour nourrir des tas de gens. Avant de quitter André et son fils, il s’exclame : “ Vous savez, je tourne là pendant des jours et des heures. Et votre fils, c’est le seul qui m’a VU !” et non seulement ce petit garçon l’a vu, mais en plus il l’admire. Cela faisait certainement longtemps que cela n’était pas arrivé à cet homme. Cet enfant lui a dit à sa manière :”Je t’aime comme tu es parce que tu fais ce que tu fais”. Le conducteur de moissonneuse batteuse a retrouvé avec cette rencontre le sens et l’enthousiasme pour son métier…

André Stern conclut la conférence avec cette histoire porteuse d’espoir.

Ce que j’ai compris, c’est qu’en faisant confiance aux potentiels de nos enfants, en leur signifiant “Je t’aime comme tu es” et en les laissant aller explorer et apporter leur pierre dans le vaste monde, nous donnons une chance aux adultes de se réconcilier avec leur enfant blessé et une chance à ce monde d’aller mieux…C’est cela l’écologie de l’Enfance.

J’espère que ce voyage guidé au pays de l’enfance aura réveillé des étincelles d’enthousiasme dans votre esprit. N’hésitez pas à partager vos réflexions et témoignages dans les commentaires.

A bientôt sur Learneuse.com !

Pour aller plus loin :

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3 réflexions sur “Le message d’André Stern : nous abritons tous un enfant génial gardien de nos potentiels !

    • Jo Andria dit :

      Bonsoir, merci beaucoup Florence ! C’est encourageant. S’il y a des sujets en lien avec la thématique du blog que vous aimeriez voir traiter et qui pourraient vous apporter quelquechose, n’hésitez pas à m’en faire part!

  1. Roman d'Hemispheres.coach dit :

    Merci pour ce super article !
    Comme toi, je pense que garder une âme d’enfant est une chance immense et un atout.
    Tout particulièrement en ce qui concerne l’apprentissage comme l’explique si bien ton article.
    Le plaisir nous pousse à reproduire les activités qui nous génère cette “drogue” mais en plus c’est un catalyseur de croissance neuronale ! Tout cela permet de générer de fabuleux progrès. 😉
    Et tout cela dans la bonne humeur !
    Excellente continuation à toi

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