Rebondir dans un monde incertain grâce aux soft skills [Podcast : Interview de Jérôme Hoarau]

 

Jerome Hoarau expert soft skills

“Personne n’est à l’abri d’un désastre, mais tout le monde a la capacité de s’adapter”,

Steve Lambert, acupuncteur, auteur et libre penseur

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Au programme de ce podcast :

(Cliquez sur les parties qui vous intéressent pour y accéder directement)

I- Portrait de Jérôme Hoarau, expert en Soft Skills

1) Un expert curieux de tout et qui nous pousse à l’action

2) Comment les échecs ont construit le parcours de Jérôme jusqu’aux soft skills ?

II- La vraie définition des soft skills

1) Traduire les soft skills : Compétences douces, molles, émotionnelles ou comportementales ?

2) Portrait-robot d’une soft skill

III- Pourquoi développer ses softs skills est vital au 21ème siècle ?

1)Les soft skills, un outil de survie indispensable dans un monde incertain

2) Quelles sont les soft skills à développer pour savoir rebondir dans sa vie ?

IV- Valoriser ses soft-skills en entreprise

1) Cas d’école : les softs skills d’une mère de famille

2) Vendre ses compétences soft skills à l’entreprise

V- Comment aider les enfants à déployer leurs softs skills et à trouver leur voie ?

1) Le réflexe soft skills : Aider l’enfant à prendre conscience que la difficulté est une formidable occasion d’apprendre

2) Le rôle du parent “coach” : Amener l’enfant à se questionner et à tester pour construire ses softs skills

3) Lâcher-prise sur les choix d’orientation grâce aux soft skills

VI- Les soft skills au service des apprentissages

1) Soft skills et concentration

VII- Pour conclure

1) Les projets d’apprentissage de Jérôme

2) Le programme “Soft Skills 2.0”

3) Un dernier mot…

I- Portrait de Jérôme Hoarau, expert en Soft Skills

 

mindmap du champion jerome hoarau

1) Un expert curieux de tout et qui nous pousse à l’action

Johanna : Jérôme, merci d’avoir accepté cette interview pour les Recettes du Possible de Learneuse.

Jérôme : Merci à toi de m’avoir invité.

Johanna : Pour moi, c’était hyper important de pouvoir te faire intervenir dans ce podcast parce que, juste pour que les auditeurs puisse situer, tu es entre autre le cofondateur de Passion d’Apprendre. Je te laisserai te présenter en détail tout à l’heure. Mais, il se trouve que je suis cette formation que tu animes avec Nicolas Lisiak depuis le mois de janvier 2020 pour devenir neuroformatrice et coach en apprentissages. Et en fait, de toutes les formations que j’ai suivies, c’est une des formations avec laquelle j’apprends tous les jours, avec laquelle j’ai beaucoup avancé sur mon projet. Et voilà, je suis en action tous les jours . Cette interview en est la preuve aujourd’hui. Il y a neuf mois je n’aurais jamais pensé pouvoir réaliser une interview. Et je suis là !

Et cette façon que vous avez de nous pousser à agir, c’est intéressant de la partager avec les auditeurs de Learneuse, qui sont des personnes en cours de reconversion, qui essaient d’évoluer professionnellement en passant des concours, ou alors des étudiants qui essaient de trouver leur voie et qui ont parfois des difficultés à rester concentrés dans leurs études. Donc voilà, j’ai envie que tu partages ton énergie et tous tes conseils notamment sur les softs skills pour leur donner un petit coup de pouce dans leurs projets. Mais bon, je vais déjà te laisser te présenter pour que les auditeurs fassent ta connaissance. Donc Jérôme, quelle est ton expertise, et puis je trouve que ce qui est intéressant c’est quel est le parcours qui t’a amené jusque- là aujourd’hui.

Jérôme : Merci beaucoup Johanna pour m’avoir invité sur ton plateau et merci pour cette introduction pour remettre un peu le contexte. Ça m’a beaucoup touché que tu partages le fait que la formation « Coach apprendre à apprendre » t’aide à avancer dans tes projets. Donc, comme tu disais, j’ai tout un pan d’activités qui touchent à l’apprentissage avec Nicolas Lisiak, dans lequel nous formons à la lecture rapide, au mindmapping, aux techniques d’apprentissage efficace comme la mémorisation. Donc, avec des programmes de formation, notamment sur Passiondapprendre.com, dans lequel on a aussi maintenant un magazine, et aussi tout l’aspect plus sportif de cette discipline parce que c’est vrai qu’il y a des sports du cerveau.

D’ailleurs il n’y pas si longtemps que cela, il y a environ trois ans maintenant. Et du coup, ça nous a amenés à organiser…ça va faire maintenant quatre ans qu’on organise le championnat de France de lecture rapide et de mindmapping et pour lesquels je suis également compétiteur, alors pas pour le championnat de France, je suis organisateur, en revanche, je participe aux championnats du monde et au Royaume uni, les championnats pour lesquels j’ai pu obtenir donc la médaille d’or au Mind mapping, championnat du Monde 2018, et championnat du Royaume uni en 2019. Donc ça, c’est pour tout ce qui touche à la partie apprentissage efficace que tu connais bien.

Sinon, il y a toute l’autre activité à côté qui s’appelle les « Softs Skills » pour laquelle j’ai plusieurs axes. Il y a tout un axe « formation coaching » que je développe sur mon site personnel jerome-hoarau.com, dans lequel j’accompagne des managers et des collaborateurs à développer ces compétences dont on parlera un petit peu plus juste après. Et tout un axe aussi « intervenant conférencier en entreprise », c’est une grosse partie de mon activité et notamment du fait que j’ai pu co-écrire plusieurs ouvrages sur le sujet. Ça, c’est le dernier « Soft Skills » aux éditions Dunod qui est sorti en 2018 et qui m’amène à faire des interventions en conférence, en entreprise. Sauf en ce moment avec le confinement, j’ai pas mal d’interventions qui ont été repoussées. Mais j’ai toute une partie de l’activité qui se fait en ligne avec la formation à distance et le coaching et tout un aspect plus présentiel avec la conférence et l’organisation d’événements.

2) Comment les échecs ont construit le parcours de Jérôme jusqu’aux soft skills ?

Johanna : Merci pour cette présentation détaillée. En fait, moi ce qui m’intéresse tout particulièrement, c’est effectivement l’aspect « Soft Skills », ce qui est le plus de votre formation. Parce que, finalement, apprendre la technique, bon, je trouve que c’est pas le plus compliqué. Le plus compliqué c’est de développer un savoir être et, en fait, je voulais, si tu le veux bien, que tu reviennes un peu sur ton parcours parce que tu le dis dans certaines conférences, tu es un champion d’échecs ! Est-ce que tu as toujours été le Jérôme que tu es aujourd’hui ? Qu’est ce qui t’a amené jusqu’aux « Soft Skills » justement aujourd’hui ?

Jérôme : Ah oui, quand je dis champion d’échecs en fait, c’est pas le jeu d’échecs, c’est les échecs que j’ai pu accumuler et c’est vrai que j’ai parlé de là où j’en suis aujourd’hui mais il y a tout un cheminement qui m’a amené à ça .Donc, à l’origine, je viens de l’île de La Réunion, une petite commune de l’île de La Réunion et c’est vrai que les perspectives n’étaient pas non plus énormes en fait quand on vient de là-bas.

J’ai eu la chance d’avoir été refusé dans un des axes des études que j’avais choisi. Ça a commencé par là en fait. Mon père m’a dit : « surtout pas à l’université à La Réunion, ça n’a jamais fonctionné ». Surtout je ne savais pas quoi faire, il m’a dit : « Prend la voie qui va t’ouvrir le plus d’opportunités ! ». Moi, ce que j’ai entendu qui marchait le mieux à La Réunion, c’était les prépas, c’était là où on s’en sortait le mieux comme il n’y avait pas d’écoles privées etc… J’ai tenté toutes les prépas qui existent même si j’étais nul en maths etc.. Donc j’ai tenté… il y avait quatre types de prépas, j’ai testé les 4, et j’ai été pris sur la prépa économique, J’avais jamais fait d’économie. Je me suis dit ok, je sais pas ce que c est.

En fait, finalement, ça m’a amené à à faire ces études- là qui m’ont amené ensuite à aller continuer mes études en France métropolitaine, qui m’ont amené a ensuite étudier au Japon, ensuite au Canada, et en fait c’était comme ça. Je me suis beaucoup construit finalement par le voyage. C’est à dire, je viens de La Réunion, une vie très insulaire finalement, et le fait d’avoir vécu dans ce lieu très confiné quelque part, et bien ça a développé chez moi une curiosité, une soif de découverte, d’espace, de nouvelles cultures, une grande curiosité qui m’a amené à vivre dans d’autres pays et aujourd’hui je vis par exemple au Royaume-Uni pour l’instant, à Londres, ça va faire six ans maintenant et c’est vrai que ça contribue beaucoup à mon développement.

Mais, je me suis rendu compte que souvent mon parcours a été parsemé d’échecs qui m’ont amené à persévérer malgré tout. Par exemple, le fait d’avoir échoué plus de deux fois à la ceinture noire en karaté. Mais je ne voulais pas lâcher donc ça m’a permis de développer cette compétence « résilience et persévérance », pareil pour le permis d’ailleurs ! Par contre, pour certaines fois, ça m’a appris à m’adapter, à pivoter, à choisir une autre voie. Après, donc, la nuance c’est de savoir quand est-ce qu’il faut persévérer et quand est-ce qu’il faut changer.

II- La vraie définition des soft skills

 

livre soft skills jerome hoarau

1) Traduire les soft skills : Compétences douces, molles, émotionnelles ou comportementales ?

Johanna : D’accord ! Et ça, ça fait partie des « Soft Skills ». Et justement, qu’est ce qu’on entend par « Soft Skills » finalement ? Est ce que c’est un savoir-être, est ce que c’est la compétence émotionnelle ? Qu’est ce que tu entends par « Soft Skills » ?

Jérôme : Déjà dans « Soft Skills », ce que je n’entends pas, ce sont les compétences douces ou encore pire,compétences molles. Si on traduit littéralement, ça pourrait donner ça, mais, pour moi, c’est pas du tout ça ! Par exemple, la résilience, la persévérance, la motivation, pour moi c’est pas mou, c’est pas forcément doux ! Donc, je préfère catégoriser ces compétences-là, si on doit absolument les traduire en français, je préfère les traduire en compétences comportementales. Pourquoi ?

Parce que pour moi le savoir-être, par exemple, est trop contextuel, c’est à dire, qu’il y a un savoir-être qui va être adapté dans un contexte par exemple « corporate » ou un contexte de voyage ou un contexte sportif. Il y a plusieurs savoir-être en fait qui sont à chaque fois associés à une culture, donc la culture de l’entreprise, la culture du pays, la culture de la personne, la culture familiale. Pour moi, le savoir-être est plus un code de comportement lié à une culture, à une situation. En revanche, ce sont les compétences comportementales qui vont m’aider à m’adapter à ses différentes cultures.

Par exemple pour ma part, je viens de La Réunion mais j’ai su m’adapter et je n’ai pas le comportement que j’aurais par exemple à La Réunion quand je suis en conférence en entreprise devant les dirigeants ou quand je suis au Royaume Uni. Je m’adapte en fait. Mais ça, ce sont des compétences comportementales qui m’aident.

2) Portrait-robot d’une soft skill

Jérôme : Alors c’est quoi une compétence comportementale ? C’est une compétence qui déjà est humaine, c’est à dire qu’elle est accessible à toutes et à tous et pas à une élite qui aurait eu la chance d’avoir dans leur adn la compétence et que les autres n’auraient pas. Voilà ! C’est vraiment universel ! Par exemple, je pose souvent cette question là en conférence : « Qui pense que que l’on a tous les muscles de Arnold Schwartzeneger, Mister Universe ? » En réalité, tout le monde a les mêmes muscles et on ne les a pas développés la même manière.

Pour moi, les softs skills, c’est la même chose. C’est qu’on a ces compétences là en nous parce qu’elles sont humaines, et que c’est accessible à tous. Sauf que notre environnement, notre histoire, notre parcours, a fait qu’on ne les a pas développées de la même manière et avec la même touche en fait. Donc, il y a déjà ce premier ingrédient dans les soft skills qui est le fait de compétences humaines par opposition à tout ce qui est compétences techniques qui pourraient être déléguées à une intelligence artificielle par exemple. Les compétences humaines ne sont pas encore délégables à l’intelligence artificielle. Donc ça c’est le premier ingrédient.

Ensuite, il y a le côté transversal. Donc tout à l’heure j’ai pris plusieurs exemples :l’adaptabilité, la résilience, la motivation, sont des exemples de soft skills. Ces compétences- là sont utiles dans plein de situations différentes. Par exemple, les compétences de résilience et de persévérance que j’ai pu développer grâce à mes échecs en karaté, et bien, ce sont des compétences qui me sont utiles aujourd’hui en entrepreneuriat. Et qui sont peut-être aussi utiles par exemple dans ma vie de couple parfois. Donc, oui ! C’est des compétences que l’on peut transposer dans plein de situations différentes, et c’est une des caractéristiques également des softs skills.

Et enfin, le dernier point, je voudrais terminer par ça car pour moi, c’est le point le plus important, c’est que ce sont des compétences, c’est à dire des choses que l’on peut développer. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la créativité par exemple c’est pas un talent inné absolu : on naît avec la créativité ou on naît sans la créativité. C’est pas comme ça ! C’est les compétences que l’on peut développer. Et qui dit développement de compétences, dit « entraînement », dit « montée en compétences », dit « pratique régulière » et du coup, une facette de mon métier c’est justement de créer des programmes d’entraînement qui permettent de développer dans la durée ces compétences-là pour qu’elle soient solides et activables dans n’importe quelles situations.

III- Pourquoi développer ses softs skills est vital au 21ème siècle ?

 

les soft skills un outil de survie

1) Les soft skills, un outil de survie indispensable dans un monde incertain

Johanna : Bien sûr ! Et justement, je rebondis sur ce que tu disais tout à l’heure, sur le fait que ce sont des compétences qui ne sont pas totalement délégables à des machines. Est ce que tu peux peut-être juste expliquer aux auditeurs pourquoi aujourd’hui dans ce monde qui bouge sans arrêt il est important de développer ses compétences. Et, selon toi, la deuxième question, quelles seraient les soft skills prioritaires à développer aujourd’hui pour arriver à à survivre dans ce monde, tu le dis d’ailleurs dans ton livre, qui est incertain, qui est complexe ? Voilà, pourquoi c’est important ? Et quelles compétences prioritaires on pourrait développer aujourd’hui ?

Jérôme : Dans le livre, on parle du monde V.U.K.A., c’est à dire un monde qui est volatil, c’est à dire que du jour au lendemain, paf !, il y a un truc qui peut se passer comme, par exemple, le coronavirus, paf !, en quelques heures, tout le monde est bloqué ! On voit des entreprises qui, du jour au lendemain disparaissent, ou au contraire des entreprises qui du jour au lendemain deviennent énormes !

Donc, il y a cette volatilité en fait où tout peut aller très vite et qui rend du coup le monde incertain. On peut de moins en moins facilement l’anticiper. Et tout cela est dû à une grande complexité parce que avec la digitalisation, avec l’avènement d’internet, avec la multiplication du nombre d’humains sur terre également, eh bien, il y a toute une complexité qui s’est mise en place et c’est de plus en plus imprévisible en fait. Et du coup, si on ajoute tous ces ingrédients : la volatilité,l’incertitude et la complexité, cela fait que ce monde est aussi incertain, enfin pardon ambiguë, difficile à comprendre, difficile à expliquer également.

Donc tous ces ingrédients font que le monde est de plus en plus difficile à appréhender et qu’on doit être armé pour ça, on doit avoir les ressources pour faire face à tout ça, parce qu’ avant, par exemple, il y a 150 ans, il y avait beaucoup moins d’humains, beaucoup moins de complexité. Et bien, notre capacité à nous adapter était moins nécessaire étant donné que c’était prévisible. On savait que, si tu étais né d’une famille de forgerons, tu étais dans la destinée des forgerons, donc il y a pas forcément d’adaptabilité. Là, c’était un peu le paradigme dans lequel on vivait il y a 200 ans.

Aujourd’hui on peut avoir, il est même recommandé, je pense en tout cas, d’avoir plusieurs vies en une seule, d’ avoir plusieurs vies professionnelles en une seule, de vivre le plus d’expériences possibles. On a ce luxe et cette chance énorme et inouïe aujourd’hui de pouvoir vivre plusieurs vies en une seule. C’est rempli d’opportunités, à partir du moment où on à l’envie et développer les compétences pour cela. Donc pour pouvoir justement s’adapter, pour pouvoir saisir ces opportunités et pouvoir faire face aussi à des imprévus.

Parce que là, on a un imprévu en ce moment, on tourne cette vidéo pendant cette période de confinement liée au coronavirus. C’était un imprévu qui a fait qu’on doit tous s’adapter. Et bien, on a besoin de ces ressources là en fait pour nous adapter que ce soit choisi c’est à dire je choisis un défi, je choisis une opportunité, ou que ce soit subi, un imprévu qui me tombe dessus, je dois m’adapter pour rebondir. Et bien, ce sont des softs skills.

2) Quelles sont les soft skills à développer pour savoir rebondir dans sa vie ?

La soft skill tout-terrain : La capacité à s’adapter

Jérôme : Par rapport à ta deuxième question, lesquelles ? E bien, je dirais, il y a quand même des softs skills qui reviennent régulièrement. C’est souvent lié à une situation. Donc j’ai pas envie de dire c’est ça les softs skills adaptées à toutes les situations. En revanche, il y a quand même un socle de base qui est quand même assez récurrent. Par exemple, la capacité à s’adapter donc qui est elle même composée de plusieurs softs skills  Pour moi, dans la capacité à s’adapter, il y a la capacité à apprendre donc tu en parles justement régulièrement sur ton blog,

Il y a la capacité à gérer ses émotions. Par exemple je peux moins facilement m’adapter si je subis du stress et que je n’arrive pas à aller au -delà, à passer en mode rationnel pour prendre les meilleures décisions pour moi.

Il y a la capacité à prendre des décisions. Parce que l’adaptabilité, ça part d’une décision en fait. Qu’est ce que je fais maintenant ? Est-ce que je continue ? Est-ce que je change etc…

Ensuite, il y a la capacité à mettre en action quand j’ai pris la décision. Comment je passe à l’action ? Comment j’ exécute la décision qui a été prise ?

Il y a aussi une forme d’humilité également parce que pour pouvoir s’adapter, c’est important aussi de se connaître soi même, de connaître notre potentiel et les ressources que l’on a en nous mais également nos limites pour ne pas nous mettre en danger et rester écologique dans nos décisions. Parce que si par exemple, on dit, voilà je fais face à un changement, à un imprévu et je décide du jour au lendemain à partir dans un pays où je ne parle pas la langue, sans avoir fait de recherche au préalable etc… Ben,c’est peut-être pas forcément une décision écologique pour moi, pour ma famille. Donc il y a aussi cet élément là aussi d’humilité qui rentre en jeu selon moi. et ça c’est rien que pour la soft skills adaptabilté.

La soft-skill tue-l’ennui : La créativité

Après, il y a aussi la créativité parce que la créativité c’est ce qui permet de trouver de nouvelles solutions, c’est la capacité à se réinventer, à générer des nouveautés. Par exemple, le confinement nous amène à être plus créatif sinon on tombe dans de la routine, on fait toujours la même chose, ça nous lasse alors que la créativité va nous donner du peps, de la nouveauté dans notre quotidien. Donc je dirais qu’il y a quand même ça aussi qui est important.

Des soft skills pour vivre en harmonie avec les autres

Et enfin une troisième famille de soft skills qui seraient importantes également, ce serait la capacité à bien communiquer. Parce que quelles que soient les situations, que ce soit en situation de crise, une situation d’opportunités, une situation de changement, à chaque fois, on doit communiquer avec les autres. Et cette communication passe par une panoplie de soft skills. Ça passe par l’écoute, ça passe par l’attitude, ça passe par la pédagogie, ça passe par la capacité à structurer, à structurer ses pensées, à structurer son discours, par exemple le mindmapping. Je sais que tu as préparé une mindmap pour préparer cet interview. C’est un entraînement du cerveau pour pouvoir travailler l’anticipation, la préparation, et la capacité à structurer. Je t’ai dit beaucoup de choses. Je sais pas si j’ai été clair ?

IV- Valoriser ses soft-skills en entreprise

 

valoriser ses competences en entreprise

1) Cas d’école : les softs skills d’une mère de famille

Johanna : Ah oui ! Très très clair et le programme est vaste. On a du boulot. Et justement dans le livre « Le réflexe Soft skills », tu parles beaucoup du monde du travail, et je me demandais comment une personne, je te donne juste un exemple, une mère de famille qui a arrêté de travailler pendant six ans, comment elle peut conscientiser ces softs skills ? Parce que voilà, pendant six ans elle n’a pas rien fait, elle s’est occupée de ses enfants. Et puis, un jour, elle se retrouve dans le monde du travail et elle dit : « Mais je sais rien faire ! ».

Et j’ai un deuxième cas, un deuxième exemple aussi comme ça, où j’ai des personnes que j’accompagne qui veulent se reconvertir et qui disent : « Mais je recommence tout à zéro. » Et en fait, moi je leur dis : « Mais non ! Vous ne recommencez pas à zéro ! Vous avez capitalisé une expérience. Alors bien sûr, des compétences techniques qui ont peut-être rien à voir avec le domaine que vous investissez. Mais peut-être que vous avez d’autres compétences… », et je pense aux softs skills, « …qui peuvent être utiles. » La question c’est comment on peut arriver à conscientiser ça pour pouvoir reprendre confiance ?

Et puis il y a une deuxième question que je me pose aussi, est-ce que les entreprises sont sensibles aux softs skills parce que justement quand quelqu’un, une mère de famille arrive, et dit : « Moi j’ai développé des compétences d’organisation etc.. » Est-ce que les entreprises sont sensibles à ça ? Voilà il y a deux questions !

mere de famille en entreprise

Jérôme : Ok. Alors par rapport à la première question quand on veut changer de parcours, c’est un peu ça quelque part. C’est : «  Ok j’étais dans une boîte, je veux changer de voie .» Que ce soit une reconversion ou le fait d’avoir eu plusieurs temps plein avec des enfants, pour moi c’est ça en fait, les enfants c’est plusieurs travaux à temps plein en fait. Eh bien oui ! Je dirais que la première chose à faire c’est de capitaliser sur l’expérience.

Donc, un exercice tout simple que je recommande pour ça, c’est de prendre une feuille et d’en faire un tableau à deux colonnes. Sur la colonne de gauche vous allez mettre tout les les défis ou les difficultés que vous avez dû surmonter, donc par exemple en six ans quand vous avez des enfants, quels sont les défis que j’ai surmontés ? Par exemple le manque de sommeil ça peut être la patience, la pédagogie, voilà les travaux à la maison. ça peut être plein de choses. Toutes ces expériences-là sans juger, c’est à dire sans se dire c’est pas une expérience professionnelle etc… C’est pas l’important ! C’est un défi. Et comment on sait si ça a été un défi ou une difficulté ? Bien, c’est purement du ressenti. C’est ce que vous ressentez, que ça a été difficile pour vous et que c’est grâce à cette expérience et bien que vous avez pu progresser.

Parce qu’en fait, c’est pas quand tout va bien qu’on progresse ou que tout va bien devant sa télé que je développe des compétences. Non, c’est pas comme ça. C’est quand justement on fait face à une difficulté, et que vous devez vous dépassez que vous développez les compétences.

Donc, première colonne de gauche, lister toutes ces expériences- là. La colonne de droite, eh bien, vous mettez les compétences, les soft skills associées à ces expériences-là. Quelles sont les compétences que vous avez en vous qui vous ont aidé à dépasser cette difficulté ou à relever ce défi. Donc par exemple, si c’est aider les enfants à apprendre leurs leçons. Bien, il y aura de la pédagogie, il y aura de la patience, il y aura de l”organisation. Donc, tout ça ce sont des compétences en fait. Donc, je dirais colonne de gauche, expérience, colonne de droite, compétences. Une fois que vous avez la liste de toutes les compétences, vous faites une sorte de top 5 ou top 10, donc il y a sûrement des compétences qui vont revenir et de faire votre top 10 des compétences que vous avez développées pendant ces années-là d’expérience. Comme ça, en entretien, vous dites, voilà les dix compétences que j’ai développées grâce à cette expérience et je vais vous expliquer pourquoi.

2) Vendre ses compétences soft skills à l’entreprise

Jérôme : Parce que le piège avec les softs skills, c’est de faire une sorte de liste de courses. Comme par exemple quand on pose la question, c’est la question que je ne supporte pas !, c’est quelles sont vos trois pires défaut et vos trois qualités. C’est la question la plus bateau selon moi, qu’on peut poser en entretien de recrutement et du coup, question bateau, réponse bateau : « Alors moi, le pire défaut que j’ai, c’est que je suis trop perfectionnisme. » et je suis sur que si ont fait des études statistiques sur les réponses qu’on a, je suis sur que la majorité des français sont tous perfectionnistes. Et du coup, voilà si on fait une liste de courses comme ça, c’est sur que ça ne veut rien dire.

Par contre, si vous dites ok, moi j’ai développé la capacité à m’organiser. Pourquoi ? parce que :  « voilà, premier exemple, quand j’ai eu des enfants j’ai dû créer un programme, un planning, on a dû s’organiser. Ça, c’est un système d’organisation que j’ai mis en place à la maison et que je peux mettre en place aussi dans l’entreprise. Ensuite, deuxième exemple,… ». Et du coup vous illustrez la compétence développée par des exemples concrets et vous faites comprendre en quoi vous pouvez transposer ça dans l’entreprise.

Donc par exemple, quand je passais la ceinture noire, c’est pas du tout un exemple d’entreprise par contre, je peux dire :  « Ok, j’ai échoué. J’ai réussi à la fin. Pourquoi ? Parce que, première étape, j’ai fait le bilan de ce qui n’a pas fonctionné, deuxième étape, j’ai mis en place un système pour corriger tout cela, troisième étape, eh bien, j’ai mis en place les éléments pour faire de la performance. Ces trois étapes-là, étapes de processus qualité, que je peux mettre en place dans votre entreprise, par exemple. »

Voilà ce que je dirais pour cela :

  • Première étape : faire l’inventaire des compétences que vous avez développées en les reliant par des expériences concrètes.
  • Deuxième étape : s’entraîner à les exprimer, à les verbaliser, à les expliquer pour montrer en quoi c’est transposable dans l’entreprise.

Du coup par rapport à la deuxième question, ah oui l’entreprise entend ça , forcément elle est intéressée parce qu’ on le voit aujourd’hui, avec ce monde VUKA, l’entreprise doit faire face à des changements et recherche des personnes qui ont les ressources en elle pour s’adapter. Et les entreprises vont être de plus en plus attentives à des personnes qui ont ces qualités-là, à des personnes qui ont la capacité à s’adapter, à des personnes qui ont la capacité à bien communiquer, parce que c’est des compétences qui sont utiles dans n’importe quelle situation.

Dans des situations de télétravail forcé ou en situation normale, peu importe donc du coup, oui clairement, les entreprises soit intéressées par ça et on le voit de plus en plus parce qu il suffit de regarder les magazines, les médias liés au management, les softs skills, c’est un sujet montant.

Johanna : Oui, donc apprendre déjà bien se connaître pour conscientiser et puis aussi arriver à l’illustrer et à savoir l’expliquer à l’entreprise. Et c’est comme ça qu’on valorise en fait ses softs skills auprès d’entreprises. Ok, ça me parait hyper clair.

V- Comment aider les enfants à déployer leurs softs skills et à trouver leur voie ?

 

developper les softs skills des enfants

1) Le réflexe soft skills : Aider l’enfant à prendre conscience que la difficulté est une formidable occasion d’apprendre

Johanna : Et du coup, j’en viens au… parce que c’est quand même ça le sujet phare de Learneuse, apprendre à apprendre, accompagner les personnes à développer leurs capacités à être autodidacte. Donc, je voulais faire un petit aparté sur les softs skills et l’ apprentissage. Tout à l’heure tu vois là on parlait justement des parents avec les enfants en ce moment pendant le confinement, on accompagne aux devoirs etc… Et je voulais savoir comment un parent pourrait aider son enfant et son ado à développer ses softs skills et je pense notamment à un gros stress pour les ados et les parents, c’est comment les parents, à travers les softs skills, peuvent aider leurs enfants à trouver leur voie.

Jérôme : Alors par rapport à la première question sur les soft skills, je dirais c’est déjà d’aider son enfant, son ado à prendre conscience de toutes les ressources qu’il a, et de vraiment développer, ce qu’on a appelé dans notre premier livre, le réflexe soft skills. Donc, c’est quoi le réflexe soft skills ? C’est je fais face une difficulté où je dois relever un défi et bien tout de suite, c’est grâce à ça que je développe mes compétences. Donc finalement, c’est de développer une sorte de gratitude face à la difficulté, face à l’imprévu, en disant :  « Ok ! Super, je transforme le la difficulté en défis, et grâce à ça, je vais développer mes soft skills. »

Exemple concret : je dois préparer un examen, c’était pas prévu, je suis en stress etc… On déstresse, réflexe soft skills. c’est quoi, c’est ok, j’ai un examen, donc déjà merci pour le défi, j’accepte le défi, challenge accepté, voilà, première étape. Pourquoi je remercie le défi ? Parce que grâce à ça, je vais devoir travailler mon efficacité, mon efficience, parce que l’efficacité c’est « je définis mon objectif de manière très claire et je vais mettre les choses en place pour y arriver ». Efficience, pourquoi l’efficience ? Parce que je dois optimiser mon temps. Ok, j’ai peu de temps. Du coup comment je peux optimiser ça ? Du coup là, l’idée, c’est vraiment de prendre conscience déjà de :

  1. Transformer la difficulté ou l’imprévu en défi.
  2. Une fois que j’ai fait ça c’est de prendre conscience des compétences que je vais développer grâce à ça.
  3. C’est de relever le défi et à la fin, faire le bilan en se disant ok, alors j’ai passé l’examen…mais pas le bilan sur le résultat en fait…en se disant : «  Oh ben mince, j’ai eu que telle note etc… »  C’est obtenir le bilan sur le processus. En se disant : «  Ok, qu’est ce qui a bien fonctionné dans ma stratégie ? Est-ce que j’ai réussi à bien m”organiser ? Qu’est ce qui a fait que ça a fonctionné ? ». Et de commencer dans la démarche d’ autodidacte finalement à se poser des questions sur « qu’est-ce qui fonctionne bien chez moi ? » et vraiment de ces questions-là de passer à « Qu’est ce qui fonctionne bien pour moi ? Parce que je suis unique je suis différent des autres ».

2) Le rôle du parent “coach” : Amener l’enfant à se questionner et à tester pour construire ses softs skills

Jérôme : Deuxième question c’est « Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? » Vous avez testé des trucs mais ça n’a pas fonctionné. Et est ensuite « Qu’est ce que je peux tester la fois prochaine pour tester quelque chose de nouveau ». Parce que comme le disait Einstein, « le syndrome de la folie, c’est de faire tout le temps la même chose en espérant un résultat différent ». Donc, s’il y a des choses qui ne marchent pas, déjà arrêter et tester quelque chose de nouveau. Et c’est finalement le rôle du parent dans ce cas là, parce que c’est une démarche quand même consciente qui demande certaine prise de recul et c’est pas forcément évident de le faire seul.

Donc quelque part le parent pourrait être une sorte de rôle de coach, quelque part, de coach mental. parce que c’est ça que font les préparateurs physiques, les coachs olympiques etc… C’est de dire : « Ok, ça va être difficile, ok, prends du recul là, enlève l’émotion, voies ça comme un objectif, tu as à relever ça comme défi, ok qu’est ce que tu vas développer comme capacité grâce à ça ? » Et du coup, ne pas être là en mode de donner les réponses à l’enfant mais de l’aider à réfléchir. C’est ça , la dimension de coach. C’est quelles sont les compétences que tu va développer grâce à ça et du coup l’aider à prendre conscience de ça.

Ensuite : « ok, tu as développé ça, maintenant pour pouvoir mettre tout ça en pratique qu’est ce que tu vas faire ? C’est quoi ta stratégie ? » Et du coup le responsabiliser. « Alors ben moi ma stratégie, bah tiens, je vais tester ça, je vais tester ça , » et après peut-être que l’on peut le guider aussi, pas peut-être qu’en mode coach mais peut-être en mode mentor : « T’es sûr que finalement te lever à telle heure,c’est une bonne idée ? Est-ce que tu préfères pas travailler à telle heure ? » Et du coup, l’aider à prendre de meilleures décisions quelque part avec cette posture de mentor.

soutien du parent coach[5]

La stratégie mise en place, c’est peut-être de devenir une sorte de référent pour l’enfant ou l’ado. Et de dire :  « Ok, alors tu t’étais engagé à faire ça, est-ce que tu as pu le faire ? » Et du coup de l’engager et le responsabiliser dans le process, et à la fin faire un bilan : «  Ok alors voilà c’est terminé maintenant, faisons le bilan, qu’est-ce qui a marché  et qu’est- ce qui n’a pas marché ? Qu’est ce que tu vas tester la prochaine fois ? »

Et pour moi c’est une pratique qui va permettre non seulement à l’enfant de prendre conscience de ses compétences, mais en plus, de ne pas juste en prendre conscience, mais de vraiment mettre en pratique, et tout cela dans le process de le responsabiliser aussi. Voilà ce que je vous recommande à mettre en place pour les parents, mais pas que. Ça peut-être aussi pour les managers qui veulent accompagner leurs collaborateurs, etc..

Johanna : Tout est une bonne occasion d’apprendre et de progresser. Le plus important c’est effectivement, on revient toujours au même, la connaissance de soi finalement c’est une des clés pour finalement arriver. Quelle que soit l’orientation que l’enfant va prendre il arrivera à se débrouiller avec ça.

3) Lâcher-prise sur les choix d’orientation grâce aux soft skills

Jérôme : D’autant plus que la plupart des métiers de demain n’existe pas encore avec tous ces changements en fait. Donc du coup, moi, ce que je recommanderais par rapport à cette deuxième question que tu m’as posée sur l’orientation… C’est pas évident du coup d’oser lâcher prise aussi sur le fait que l’enfant sache pas vraiment quoi faire. Parce qu’on voit, même il y a pleins d’adultes qui sont paumés en fait. C’est normal, c’est ok… Je dirais, le plus important, c’est de choisir une première direction qui soient suffisamment claire en disant : « Ok. Je suis pas sûr à 100%, mais j’ai envie de tester ça, j’ai envie de tester cette voie là. » Mais de vraiment faire en sorte que ce soit une voie qui ouvre des options. Ne pas s’enfermer dans un chemin où on n’a pas d’option en fait.

Par exemple, ça a été ma stratégie d’orientation de voir ce qui m’ouvre des options. Par exemple, j’ai fait des études d’ école de commerce spécialisée en développement durable. Il y avait quand même pas mal d’options. Aujourd’hui, je travaille, entre guillemets, le développement humain mais grâce aux compétences et aux réseaux que j’ai pu me faire, je sais que je peux pivoter, entre guillemets, assez facilement alors que si je m’étais hyper spécialisé, par exemple, dans je sais pas moi, l’algorithme pour pouvoir faire plus rapidement des calculs sur l’opération comptable de dépenses, ce serait plus complexe de changer en fait. Sauf si c’était vraiment ce que je voulais faire.

Donc si l’enfant sait exactement ce qu’il veut faire et que c’est une passion, et bien l’encourager parce que de toute façon même si c’est, à priori, une voie qui peut sembler pas forcément « sexy » entre guillemets, en vous disant : «  Tiens ouais mon enfant va être menuisier. » Génial ! C’est à dire qu’il peut peut-être créer son entreprise. Regarde made.com ou Ikea, ben ça a peut-être commencé avec un menuisier en fait.

Il n’y a vraiment pas de, entre guillemets sot métier. Ça dépend en fait de comment on l’appréhende et quel est le mindset qu’on va avoir derrière. Agriculteur ! On peut tellement innover dans tout ça aujourd’hui. Donc, je dirais que :

La première option c’est soit l’enfant, il sait quoi faire et l’ encourager là dedans et après avec ces soft skills, il pourra soit se recréer un nouveau métier là dedans soit carrément changer le monde de ce métier là .

Si c’est pas trop ça, il va prendre une voie qui le fait kiffer avec le plus d’options, et dans le processus, développer le maximum de ressources possibles pour pouvoir s’adapter et changer si besoin.

Johanna : D’accord ok, ça tombe bien, mon fils veut faire agriculteur.

Jérôme : Franchement, si je devais refaire mon parcours professionnel , je serais parti là-dedans aussi, c’est vraiment la voie où… on aura toujours besoin de manger !…Il y a tellement d’innovations possibles à faire.

Johanna : On le voit aujourd’hui. Quand on aborde les choses comme ça, c’est vrai qu’il y a plus de sérénité.

VI- Les soft skills au service des apprentissages

 

soft skills et apprentissages

1) Soft skills et concentration

Des outils pour se concentrer à court-terme

Johanna : Et juste pour terminer, et ce sera ma dernière question sur les apprentissages, alors j’ai repéré deux difficulté principales chez les apprenants que j’accompagne. Il y a le problème de la concentration parce qu’on est submergé d’infos. J’ai par exemple une personne qui s’est inscrite à plein de formations et qui me dit : «  voilà, j’ai plein de formations mais je sais pas par quoi commencer. Je survole donc, du coup, je fais rien, voilà je procrastine, j’arrive pas à me fixer, à avancer. » J’ai beaucoup de personnes dans ce cas là. Est ce que tu aurais une bonne pratique ou un conseil à donner à ces personnes là ?

Jérôme : En fait pour moi, il y a deux axes dans la concentration. Il y a la concentration sur le long terme donc par exemple : « Est ce que j’arrive à être focus sur un seul truc ? » et la concentration à court terme. C’est : « Tout de suite là est-ce que j’arrive à rentrer dans le sujet et à garder ma concentration pendant 20 minutes 1heure par exemple. » Donc, pour la concentration à court terme, et bien, pour moi c’est un entraînement en fait, c’est une vraie capacité que l’on peut développer en s’entraînant. On voit les sportifs de haut niveau, ils font des entraînements pour ça.

Donc, un type d’entraînement, ça peut être, par exemple, des techniques de pleine conscience. Par exemple, rester assis immobile et se concentrer sur la respiration par le nez en essayant de savoir quelle est la narine la plus ouverte par exemple. On peut tester ! Là tout de suite ! Ferme les yeux, bien droit, et tu respires uniquement par le nez, et tu essaies de comprendre, de voir quelle est la narine la plus ouverte là où il y a le plus d’air qui rentre.

Johanna : Ah ouais c’est la gauche !

Jérôme : Pour moi c’est à droite et tu feras ça ce soir, ce ne sera pas la même chose.

Johanna : ah ouais ça change ?

Jérôme : Et du coup l’idée, ça va être par exemple pour cet exercice-là de le faire par exemple deux trois fois par jour pendant environ 2 à 3 minutes, et ça, c’est un vrai entraînement de concentration. Donc, il y a des astuces comme ça pour s’entraîner à être plus concentré. Et, une autre pratique que moi j’utilise beaucoup, et notamment avec des personnes que j’accompagne sur mon site, c’est le pomodoro. Donc, on fait des sessions de pomodoro collectif.

Donc le pomodoro, c’est quoi ? C’est un système où on a 25 minutes de concentration intense, une seule tâche travaillée en mode mono tâche, parce qu’ un des problèmes de concentration c’est le multitâche, ça tue toute forme de concentration. Donc, s’entraîner, rééduquer son cerveau à travailler sur une seule tâche à la fois. Et ça, le pomodoro, ça aide, parce qu’ on crée une espèce de tension temporelle qui force à la concentration sur 25 minutes, et après, avec des phases de récupération de cinq minutes entre temps pour 25 minutes de concentration intense. Cinq minutes de récupération donc, de préférence le faire en mouvement et alterner comme ça. Donc le pomodoro, ça marche super bien pour ça, pour la concentration à court terme.

Johanna : Oui ! Puis ce qui est intéressant dans le pomodoro, c’est qu’on a un objectif précis et on ne se disperse pas sur d’autres choses. On s’est fixé quelque chose de très précis en fait.

Concentration à long terme : la puissance des objectifs

Jérôme : Oui, et on entraîne son cerveau à ça, à se fixer des objectifs précis et c’est ça qui aide aussi la concentration. Et justement ça fait le point avec la concentration à long terme. Un des points de la concentration à long terme, c’est l’objectif. Si j’ai un objectif pas clair en disant je suis passionné par l’apprentissage, mon objectif c’est d’apprendre, le cerveau, il fait ok, je vais où ? C’est comme si je lui ouvre Google Maps et que je lui dis, amène-moi quelque part. Il va buguer ! Le GPS a besoin d’une destination en fait pour pouvoir mettre les choses en place. Le cerveau, c’est pareil. C’est : «  Ok ! J’ai envie de suivre une formation mais pour quels objectifs ? »

Et, par exemple, ça peut être de se fixer des objectifs, par exemple moi j’aime bien des objectifs trimestriels, je vais bien fonctionner sur des sessions de trois mois et pendant trois mois eh bien mon objectif c’est de me former sur les soft skills par exemple. En trois mois, eh bien je vais me focaliser plus sur ça. Donc j’ai trouvé une formation sur les soft skills, un livre sur les soft skills et je vais appliquer ça sur trois mois. et si on a envie de faire plusieurs choses, plutôt que de dire sur l’année je fais 4 trucs différents, c’est de découper l’année en quatre sessions. Comme ça, il y a une première session là dessus, une deuxième là-dessus etc.. et ça va être beaucoup plus simple pour le cerveau plutôt que de faire quatre choses à la fois.

Johanna : Quatre formations à la fois par exemple. Effectivement, c’est un très très bon conseil parce que voilà, pour l’avoir vécu, plusieurs formations, là, je me concentre sur la formation Passion d’Apprendre et pas autre chose.

Jérôme : Et ça marche mieux ?

Johanna : Ça marche beaucoup mieux et j’avance, vraiment, concrètement !

VII- Pour conclure

 

les projets de jerome hoarau

1) Les projets d’apprentissage de Jérôme

Johanna : Je crois qu’on a déjà fait à un grand tour. C’est déjà énorme ce que tu nous as apporté ! Enfin, il y a de quoi faire je pense. Juste pour conclure, il y a une question que je pose à toutes les personnes que j’interviewe : Est-ce qu’aujourd’hui Jérôme, il y a quelque chose que tu n’as pas encore appris et que tu aimerais apprendre ou que tu prévois d’apprendre ?

Jérôme : C’est une bonne question ça. Il y a plein plein plein de choses. Il y a des choses que j’ai envie d’apprendre et des choses que j’ai envie de réapprendre. Par exemple, une des choses que je voudrais réapprendre c’est le japonais. Donc, j’aime bien me fixer les défis de langues. J’ai été au Japon il y a maintenant 11 ans et du coup, j’ai perdu mon japonais et justement le petit défi que j’ai, c’est prévoir un voyage au japon avec ma femme dans un an. Et me dire ben voilà, c’est l’opportunité d’apprendre le japonais. C’est un défi et du coup avoir une stratégie pour y arriver. C’est comme ça que je fonctionne. C’est toujours un objectif, une stratégie, et du coup l’apprentissage rentre là-dedans en fait. Après, c’est pas mal de défis physiques comme, par exemple, j’aime bien me donner des défis comme le poirier par exemple voilà des trucs comme ça.

Johanna : D’accord bon du coup il y a encore de quoi faire.

Jérôme : C’est infini !

Johanna : Comme tu dis, fixer un défi à la fois parce que sinon on n’avance pas en fait.

2) Le programme “Soft Skills 2.0”

Et dis- moi Jérôme, alors, si par exemple j’ai envie d’aller me former avec toi au soft skills, où est-ce que je vais, et comment comment se présente ce programme « Soft Skills » du coup ?

Jérôme : Alors ça va être sur jerome-hoarau.com, c’est mon site dédié aux soft skills. Et après j’ai créé un programme, le programme « soft skills 2.0 » dans lequel je veux juste faire plusieurs choses. Parce que pour moi, il y aussi la dimension inspiration et sur un contenu, j’aime bien avoir des options en fait, des possibilités, et pour moi les soft skills, c’est ça. J’ai un problème mais j’ai plusieurs manières de l’appréhender et surtout je développe ma boîte à outils. Donc j’ai plein d’ outils différents pour pouvoir répondre au problème.

Et du coup, pour cela, sur mon programme, je vais m’amuser à modéliser des personnes inspirantes. Donc, je vais prendre une personne et je vais l’étudier pendant un mois, lire tous ses livres, les documentaires, les livres de ses mentors. Là, par exemple, justement à midi je fais un cours sur lui, Michael Phelps. Donc, j’ai lu ses bouquins, là je suis train de terminer le bouquin de son coach. et du coup je prends une personne et je vais la décortiquer avec le prisme des soft skills. Exemple : voilà les 10 soft skills qu’elle m’inspire. Il y a ça dedans. Donc pour moi, c’est une manière de compléter sa boîte à outils. Donc moi, mon argumentation pour les personnes, c’est cultivez-vous, lisez beaucoup, inspirez- vous pour remplir votre boîte à outils en fait pour avoir le plus d’outils possibles pour pouvoir faire face à des problèmes.

Et ensuite j’ai aussi mis en place un système de pomodoro collectif, donc toutes les semaines 1h30 pour faire une session pomodoro tous ensemble. Donc ça permet non seulement d’être plus efficace mais surtout d’entraîner notre cerveau à être focus, à clarifier des objectifs, à être plus concentré et je fais aussi la préparation mentale pour que ça travaille la visualisation. Et après, on fait aussi tous les lundi matins, une session de rendez-vous hebdomadaire dans lequel on va clarifier les trois priorités de la semaine et on va mettre en place un système d’autodidaxie où tous les lundi matins, on se pose trois questions : Qu’est ce qui a fonctionné la semaine dernière ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Et qu’est-ce que je teste de nouveau cette semaine ? Et du coup s’entraîner toutes les semaines à faire ça pour développer des compétences et tout ça c’est sur mon programme « Soft Skills 2.0 »sur jerome-hoarau.com.

3) Un dernier mot…

Johanna : Du coup on sait tout pour pouvoir finalement devenir la meilleure version de nous mêmes, sachant qu’on est unique grâce à ces softs kills. Et moi, ce que je trouve intéressant dans tout ce qu’on a échangé, c’est que ça donne de vraies pistes quand même aux personnes pour arriver finalement à trouver leur place. On essaie de se construire un parcours sur mesure pour trouver notre place.

Jérôme, on a tenu le timing. ça fait à peu près une heure. je te remercie parce que encore une fois ce que ce que j’ai apprécié et c’était très concret. T ‘hésite pas à partager vraiment ce que toi tu as déjà testé c’est ça que je trouve intéressant. Je sais pas si tu as un dernier mot à dire avant qu’on conclue tout ça.

Jérôme : Ben déjà merci, merci à toi Jérôme de m’avoir invité. Pour moi chaque fois, comme c’est ma passion, c’est toujours un plaisir de partager tout ça, Ça m’énergise. J’aime bien poser cette question là chaque fois avant que je démarre un coaching ou un webinaire, c’est : «  Sur une échelle de 0 à 10 à quel point tu te sens bien ? ». Du coup, au lieu de dire juste comment ça va, c’est vraiment comment tu te sens ? Plutôt un 6 sur 10, un 8 sur 10 ? et par exemple à chaque fois que j’ai l’opportunité de partager ce que je sais, j’augmente toujours de un ou deux points ma note. Donc merci pour ça.

Et sinon, ce que je dirais, c’est vraiment compléter votre boîte à outils, soyez curieux, inspirez-vous et saisissez chaque opportunité d’apprentissage mais pas que. Je modélise tout le monde, j’observe n’importe qui, comment il fonctionne, qu’est ce qu’il fait d’inspirant, qu’est ce qui est surprenant. Donc j’expérimente et voir si ça marche pour moi. Donc soyez vraiment curieux de tout le monde, des enfants, des vieux, les jeunes. Voilà ! Tout le monde est un livre qui permet d’apprendre.

Johanna : Ecoute, merci beaucoup pour toute cette inspiration Jérôme ! A très bientôt ! Merci !

Pour aller plus loin :

Le site et le programme Soft Skills de Jérôme Hoarau

– Le livre “Soft Skills, développez vos compétences comportementales, un enjeu pour votre carrière”  coécrit par Jérôme Hoarau, Julien Bouret et Fabrice Mauléon (2018)

Cet article est le n°40/52 du défi: “52 idées à explorer pour aider vos 12-25 ans à trouver leur voie

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6 réflexions sur “Rebondir dans un monde incertain grâce aux soft skills [Podcast : Interview de Jérôme Hoarau]

  1. Emmanuel Jublin dit :

    Bravo Joanna pour cet excellent podcast et ce contenu de qualité
    En effet les soft skills gagnent à être connus et développés
    Ils sont fondamentaux pour réussir et parvenir à vivre une communication verbale efficace et respectueuse de l’autre
    À bientôt et bon succès

    • Jo Andria dit :

      Coucou Emmanuel,
      Merci beaucoup ! Nous avons beaucoup à gagner à développer nos compétences humaines face à l’émergence de l’intelligence artificielle, et effectivement savoir communiquer pour travailler en harmonie les autres est vital. A très bientôt j’espère !😊

  2. Luc dit :

    Intéressant, c’est vrai qu’avant d’avoir de la confiance en soi il est important d’avoir d’abord de l’estime de soi et de se remplir de l’intérieur (la connaissance) plutôt que de l’extérieur (l’apparence) Quant à la confiance en soi effectivement les soft skills y contribuent fortement dans le sens ou aujourd’hui un individu doit être en capacité de les maitriser pour s’adapter.
    Que ce soit la gestion du stress, la communication et la prise de décision il y a certes des techniques théoriques mais le passage à l’action permet de les mettre en pratique et de les améliorer.

    Merci pour ce podcast

  3. MYPHU dit :

    Merci Johanna, ce podcast est très inspirant. Il est toujours agréable de réaliser qu’au delà des diplômes, chaque personnes possède des compétences qui lui sont propres et qu’il peut développer quelle que soit son activité. Bien se connaître et savoir se valoriser semble être la clé!

    • Jo Andria dit :

      Hello ! Ah ben je suis contente que tu aies pris le temps d’écouter ce podcast ! Il est truffé de conseils précieux pour se délester de tous ces blocages et croyances qui nous empêchent d’exprimer nos talents. On n’a qu’une vie bon sang !😊

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