4 mois pour préparer le concours d’attaché territorial

outils concours attache territorial

 

Je vous ai raconté comment j’avais réussi le concours d’attaché territorial en 4 mois de préparation à 40 ans et vous dévoile ici quelques-uns des outils qui m’ont aidée  à préparer efficacement ce concours. Mon idée n’est pas de vous livrer une recette miracle ni de vous dire de suivre absolument mon exemple. Je prends juste le temps de vous donner quelques astuces complémentaires qui “customiseront” votre propre préparation aux concours.

Index

  1. Quel concours? Quelle préparation? Quelles épreuves?
  2. Les clés pour réussir le concours
  3. Premier objectif: maîtriser les épreuves du concours et la méthodologie
  4. Deuxième objectif: acquérir la culture territoriale
  5. Troisième objectif: repérer les grands sujets du moment, pouvoir en débattre et se construire un regard critique
  6. Quatrième objectif: sauver les meubles pour l’épreuve d’anglais
  7. Cinquième objectif: se comporter en attaché territorial le jour de l’épreuve orale
  8. Pour conclure: mettre toutes les chances de votre côté

1- Quel concours? Quelle préparation? Quelles épreuves?

J’ai passé le concours “externe”d’attaché territorial filière administrative car j’étais à l’époque en poste dans le privé. Cela faisait 15 ans que je n’avais pas préparé et passé d’examens ou de concours écrits. Par ailleurs, je n’avais jamais travaillé dans la Territoriale. Je connaissais vaguement les compétences des collectivités pour avoir animé des missions financées par des fonds publics.

Je disposais de peu de temps avant les épreuves. Il était donc  inenvisageable de suivre la préparation CNED (de toute façon trop scolaire pour mon tempérament de learneuse!). Je n’avais pas la chance de pouvoir accéder aux préparations aux concours proposées par le CNFPT. Du coup, j’ai construit ma méthode personnalisée de préparation et j’ai révisé en solo.

Le concours d’attaché comprend 4 épreuves:

  • Une composition sur un sujet d’ordre général et une note de synthèse à partir de documents pour l’admissibilité
  • Un entretien à l’oral et une épreuve orale dans la langue vivante de notre choix (anglais pour ma part) pour l’admission.

2- Les clés pour réussir le concours

Pour réussir ce concours, il fallait donc que je sois rompue à la méthodologie des épreuves écrites, que j’ai une solide culture générale en terme de politique publique et que je sache parler un minimum l’anglais. J’avais également en tête le fait que les épreuves des concours s’étaient professionnalisées. En effet, les recruteurs de la Fonction Publique cherchent aujourd’hui des cadres capables de proposer des solutions concrètes dans un contexte où les jeux d’acteurs se complexifient, où les finances sont en baisse et où les équipes subissent des changements permanents…Dans ce concours, j’avais compris qu’on ne me demanderait pas de délayer ce que j’avais retenu d’un cours théorique mais bel et bien de me positionner comme un agent qui accompagne les élus dans leurs actions.

3- Premier objectif: maîtriser les épreuves du concours et la méthodologie

L’avantage d’avoir peu de temps pour réviser, c’est que l’on va très vite à l’essentiel. J’ai donc appliqué la règle des 20/80 pour choisir les ouvrages avec lesquels j’allais potasser: quels étaient les 20 % d’ouvrages théoriques qui allaient m’apporter 80 % des connaissances de base utiles pour m’en sortir? Après quelques recherches sur le net, j’ai investi dans 3 supports:

  • Un livre du type “l’essentiel des collectivités territoriales” en 50 fiches pour avoir un tour d’horizon des notions essentielles
  • Les annales corrigées du concours d’attaché pour pouvoir réaliser en conditions réelles quelques sujets
  • L’excellent livre de Laurent Boghossian “L’art subtil de réussir son concours” pour bénéficier des conseils d’un pro de la Territoriale pour les épreuves

En ce qui me concerne, la méthode de Laurent Boghossian pour réaliser la note de synthèse à l’écrit a été imparable (je précise que je n’ai aucune action dans sa boîte…ses conseils ont juste sincèrement sauvé mon concours!). L’idée d’avoir un plan logique déjà pré-établi en tête avec des phrases de transition “types” adaptables à tous les sujets m’a fait gagner un temps fou le jour de l’épreuve. Ce temps gagné sur la forme m’a permis d’aller plus loin dans l’analyse des documents.

Pour me préparer aux épreuves, j’ai réalisé 3 notes de synthèse et 3 compositions tirées des annales en temps réel chez moi. J’ai ainsi mobilisé 6 matinées en week-end. Cela a été essentiel afin que je puisse m’entraîner à gérer le temps et pour déverrouiller mes neurones de quarantenaire.

4- Deuxième objectif: acquérir la culture territoriale

Pour réussir, il fallait que je m’immerge totalement dans le monde la Fonction Publique Territoriale puisque je n’y avais jamais travaillé. Pour cela:

  • Je me suis abonnée à la Gazette des Communes durant 6 mois (offre concours) pour me tenir informée de l’actualité des collectivités et avoir des exemples concrets des problématiques rencontrées sur le terrain
  • J’ai interviewé 5 cadres territoriaux repérés dans mon entourage qui m’ont parlé de leurs métiers respectifs et de l’impact des réformes territoriales sur leurs missions au quotidien

5- Troisième objectif: repérer les grands sujets du moment, pouvoir en débattre et se construire un regard critique

Autant je pensais pouvoir m’en sortir sur la note de synthèse basée sur l’analyse des documents, autant l’épreuve de composition m’effrayait…Et si je tombais sur un sujet sur lequel je n’avais rien à dire (arghhh, l’urbanisme!!!!)! Pour le coup, j’ai suivi l’un des conseils donnés par Laurent Boghossian dans son livre, à savoir, m’ouvrir et être à l’écoute des actualités pour être en capacité de disserter un minimum sur un maximum de thématiques:

  • J’ai repéré les sujets “tartes à la crème” du moment dans la Gazette des Communes et dans les médias
  • J’ai visionné et écouté des reportages et des débats sur France 5, Arte, Public Senat, LCP Assemblée Nationale
  • J’ai réalisé plusieurs mindmap (cartes mentales) sur différents thèmes en posant les questions soulevées, les différents arguments contradictoires, des exemples de solutions mises en place: la laïcité, la mutualisation des services, faire plus avec moins, la politique de la ville, les élections départementales, la démocratie participative, les communes nouvelles etc…

Cette façon d’apprendre a été passionnante et enrichissante et a rendu cette préparation au concours moins fastidieuse qu’elle n’aurait pu l’être. Elle s’est avérée payante au final car je suis bien tombée sur ces sujets d’actualité (la mutualisation des services, la gestion des collectivités vs la gestion d’entreprise et, à l’oral, comme je l’avais anticipé, des questions sur les élections départementales qui avaient eu lieu la veille de l’entretien).

6- Quatrième objectif: sauver les meubles pour l’épreuve d’anglais

Cela faisait des années que je n’avais pas prononcé un mot d’anglais et je peux dire que j’avais un vrai blocage à l’oral…Certes, cette épreuve était mineure en terme de coefficient mais, on le sait, pour un concours, chaque dixième de points gagné est précieux! Dès le lendemain des épreuves écrites, sans même savoir si j’étais admissible, je me suis mise à écouter 30 mn de podcast en anglais 5 jours sur 7 durant 6 mois dans ma voiture…Voilà une belle manière de capitaliser le temps perdu dans les bouchons! Le jour de l’oral, j’ai pu lire et traduire le texte sans encombre et baragouiner quelques commentaires dans un anglais simple mais correct…Et si je loupais les concours, j’aurais au moins progressé en anglais!

7- Cinquième objectif: se comporter en attaché territorial le jour de l’épreuve orale

Pour être sincère, l’entretien oral me faisait beaucoup moins peur que les épreuves écrites. Le gros travail d’investigation et de préparation que j’avais réalisé sur le quotidien des collectivités m’a permis de répondre de façon pragmatique aux questions posées par le jury. J’avais derrière moi quelques années d’expériences professionnelles  et de nombreux entretiens d’embauche.Contrairement à ce que je pensais, ils ne m’ont pas demandé de me présenter en 3 mn et ont tout de suite démarré avec des questions de culture générale sur la fonction publique territoriale et sur l’actualité. L’essentiel n’était pas forcément d’avoir réponse à tout mais d’être à l’écoute, savoir garder son sang froid, faire preuve de bon sens et élargir les débats. J’ai eu le sentiment que le jury auquel je faisais face évaluait essentiellement mon savoir-être.

8- Pour conclure: mettre toutes les chances de votre côté

Imaginez: Vous vous y prenez un peu plus tôt que moi, vous êtes inscrit dans une préparation aux concours, vous avez déjà un pied dans une collectivité et en plus, vous avez la chance de maîtriser une langue vivante…Saupoudrez le tout de quelques conseils de “Learneuse” et d’une pincée de confiance…Vous aurez toutes vos chances!

J’espère que ce témoignage vous aura été utile. N’hésitez pas à partager vos propres expériences ou à me poser des questions en commentaires!

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7 réflexions sur “4 mois pour préparer le concours d’attaché territorial

  1. Sanchez-Cortes dit :

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour votre article. Je suis papa de deux enfants en bas âge de 16 mois et 2 ans et 6 mois, et j’ai réussi mon concours d’attaché avec des super notes en seulement 2 mois de travail. La lecture de votre article m’a conforté dans l’idée que c’était possible en un temps restreint et en fonction de nos contraintes.
    Aujourd’hui, fort de cette expérience, je me suis lancé également dans un blog territorial sur le fonction publique afin de donner des conseils pour réussir les concours. Car, tout le monde ne peut pas bénéficier d’une préparation au CNFPT, et les conseils sont bons à prendre lorsque vous êtes seul dans votre préparation.
    Continuez comme ça , votre blog est très enrichissant.

    Julien

    • Jo Andria dit :

      Bonjour Julien,
      Félicitations ! Vous avez fait très fort ! Et bravo d’avoir osé vous lancer dans l’aventure du blogging. Rien de mieux pour progresser et développer son expertise dans un domaine.

  2. Joseph dit :

    Bonjour Mme ANDRIA, votre article m’a beaucoup intéressé. Je projette de passer le concours d’attaché territorial en novembre 2020 et j’aimerais savoir concrètement comment limiter la quantité d’informations et actualités à maîtriser pour être capable d’être en mesure de disserter un minimum sur un maximum de sujets. Je me perds dans la quantité d’infos disponibles. Merci pour tout conseil que vous pourrez me prodiguer.

    • Jo Andria dit :

      Bonjour Joseph,
      Effectivement, la difficulté pour ce type de concours est de se construire une culture générale. La bonne nouvelle est qu’il n’est pas nécessaire de tout savoir dans le détail pour réussir.
      1ère règle : Faire le tri des sujets à étudier. Si vous faites un tour d”horizon des grands sujets d’actualités sur les collectivités, vous repérerez les sujets récurrents. Pour gagner du temps, consultez un dossier ou un article synthétique pour chaque sujet important (sur le site de la Gazette des Communes par exemple). Inutile de lire trop d’articles ou de dossiers. Vous verrez que les informations se répètent ou se recoupent.
      2ème règle : Ne lisez pas tout.Lisez méthodiquement et uniquement l’essentiel. Pour cela je vous renvoie à mon article sur la lecture rapide ou plutôt active.
      3ème règle : pour mieux mémoriser, classez et notez l’essentiel de l’info pour qu’elle soit lisible par votre cerveau. Et là, les logiciels mindmap peuvent vous être très utiles. Je vous explique tout dans mon article “comment préparer ses concours avec le mindmapping”.
      Je vais publier fin janvier un ebook qui vous donnera des clés complémentaires pour bien préparer votre concours.
      Cette compétence que vous allez développer pendant votre préparation aux concours (trier, analyser, synthétiser, mémoriser) sera aussi très utile lorsque vous serez en poste.
      Surtout restez motivé !

  3. Bob dit :

    En 4 mois cela m’étonnerait. D’après ce que je comprends, les inscriptions au concours ont lieu en mars (2020), les épreuves écrites en novembre et l’épreuve orale se déroule en mars de l’année prochaine (2021). Ils ont besoin d’une année entière pour faire passer un simple concours ! C’est honteux !! En attendant on est chômeur !

    • Jo Andria dit :

      Bonjour Bob,
      J’entends 2 choses dans votre message :
      – Le temps entre l’inscription et la tenue effective des épreuves de concours est particulièrement long, ce qui peut-être frustrant lorsque l’on espère pouvoir décrocher un poste à la clé (et on ne compte pas le délai pour connaître les résultats et pour trouver un poste). Cela est d’autant plus dur lorsque l’on rate le concours. IL faut en effet s’armer de patience pour pouvoir s’inscrire à la session suivante.
      – En 4 mois, cela vous parait improbable de préparer et réussir un concours. C’est effectivement un marathon que je ne souhaite à personne. J’ai commencé à réviser en juillet et j’ai passé les épreuves début novembre en étant à plein temps dans mon job et en jonglant avec ma vie familiale. Cela n’a pas été facile tous les jours. Si vous avez la chance de pouvoir vous préparer suffisamment longtemps à l’avance, c’est la meilleure option (Là, du coup, les mois d’attente avant les premières épreuves deviennent une opportunité pour bien se préparer). Cela dit, que vous ayez peu ou beaucoup de temps pour vous préparer, vous pouvez vous inspirer de la stratégie que j’ai mise en place pour mettre toutes les chances de votre côté.
      Je vous souhaite en tout cas d’aboutir dans vos projets.

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